快捷搜索:

La Chine aide l’Afrique à relever ses défis alimentaires

        
2019-10-30 08:37 | French.china.org.cn

Le 12 avril dernier, un plan d’aide alimentaire d’urgence a été lancé à Shanghai. C’est un plan coopératif dans le cadre du Fonds d’assistance pour la coopération Sud-Sud, entre le gouvernement chinois et le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), en vue de prêter main forte à trois pays africains: la Somalie, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo.

Depuis longtemps, le développement agricole et la production alimentaire sont fort limités en Afrique, notamment en raison du manque d’infrastructures agricoles, des lacunes quant à la production de semences et du faible niveau de mécanisation. En plus, ces dernières années, les cultures ont été frappées par des catastrophes naturelles et des épidémies. La situation de la sécurité alimentaire dans de nombreux pays africains n’est donc guère réjouissante. Surtout en Afrique subsaharienne, où le taux de sous-nutrition a atteint 23,2 % en 2017, contre 21,1 % en 2015. Dans ce contexte, le gouvernement chinois a coopéré à plusieurs reprises avec le PAM afin d’aider à résoudre la crise alimentaire qui touche certains pays africains, notamment en fournissant des aides alimentaires.

Mais outre les aides alimentaires, la Chine a également financé des projets agricoles en Afrique, y a dépêché des experts du secteur aptes à fournir une assistance technique et a accéléré la construction de centres de démonstration de technologies agricoles sur ce continent. En combinant ainsi investissement et assistance, la Chine aide les pays africains à accroître leurs capacités de production agricole et leur donne les moyens de résoudre leurs problèmes de ressources vivrières.

De pays bénéficiaire à grand contributeur 

En novembre2018, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le ministère chinois de l’Agriculture et des Affaires rurales ont co-organisé le Forum mondial de haut niveau sur la coopération agricole Sud-Sud à Changsha (province du Hunan), à l’issue duquel ils ont ratifié la Déclaration de Changsha. Dans ce texte, la FAO, le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le PAM reconnaissent que la Chine, qui recevait des aides par le passé, est devenue à présent l’un des principaux pays partenaires et contributeurs de la coopération Sud-Sud.

En Chine, pays en développement le plus peuplé du monde, subvenir aux besoins alimentaires et vestimentaires des citoyens a toujours été la priorité au cœur du développement. C’est en 1978, année marquée par le retour au pays des ressortissants chinois installés au Vietnam du fait de la guerre, que la Chine a accepté pour la première fois l’aide alimentaire internationale accordée par le PAM. Une aide qui a continué jusqu’à fin 2005. En l’espace de 26 ans, le PAM a mis en œuvre, dans 214 villes et districts chinois, près de 70 projets d’aide alimentaire à titre gratuit totalisant un montant de 925 millions de dollars, au profit de plus de 35 millions de Chinois pauvres. Parallèlement, même si la Chine vivait des temps plus difficiles qu’aujourd’hui, elle ne ménageait pas ses efforts pour épauler les pays étrangers. En 2005 notamment, année où le pays a cessé de bénéficier de l’aide du PAM, la Chine est devenue le troisième plus grand donateur d’aide alimentaire au monde (après les États-Unis et l’Union européenne), avec un total de 577000 tonnes de nourriture expédiée.

En outre, la coopération entre la Chine et la FAO s’est renforcée à compter de 2006, avec la signature d’une alliance stratégique entre les deux parties. En 2009, la Chine a versé 30 millions de dollars au Fonds des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud; puis en 2015, elle a alloué encore 50 millions aux projets de coopération Sud-Sud. Ce Fonds des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud a déjà soutenu 37 pays en développement répartis en Afrique, en Asie-Pacifique et dans les Caraïbes, avec entre autres un millier de spécialistes et techniciens agricoles chinois envoyés sur place pour transmettre leur savoir-faire. Dans le même temps, la Chine offre des formations professionnelles à un millier de techniciens et fonctionnaires en charge des affaires agricoles dans une centaine de pays en développement dans le monde. De surcroît, elle concrétise des assistances techniques, des soutiens financiers et des programmes de développement dans d’autres pays en développement, au profit de plus d’un million d’agriculteurs.

Li Xiaoyun, directeur de l’Institut chinois pour la coopération Sud-Sud dans l’agriculture, estime que l’aide apportée par la Chine aux pays étrangers dans le domaine de l’agriculture s’est toujours traduite par un partage direct des expériences. Dans les années 1960 et 1970, il s’agissait principalement d’aménager des zones d’essais agricoles; après les années 1980, la pratique du système de responsabilité contractuelle a été appliquée aux projets d’aide agricole pour l’étranger; au cours de la dernière décennie, le modèle de transfert des technologies agricoles axé sur le marché a été déployé dans le cadre de l’« aide agricole étrangère de la nouvelle ère ». Et l’assistance et la coopération agricoles chinoises en Afrique ont connu la même évolution.

« China, Wanbao » 

Le parc agricole Wanbao au Mozambique (ci-après dénommé le « projet Wanbao ») a été établi à Xai-Xai, dans la province de Gaza, à 210 km de la capitale Maputo. Il s’agit du plus grand projet de coopération rizicole financé par la Chine en Afrique.

Le chantier du projet Wanbao a commencé en 2011. À l’époque, la population locale n’avait jamais cultivé de riz. L’aliment de base était le « xima », un plat à base de manioc, de maïs ou de soja. Le parc agricole de Wanbao, intégrant culture, production, entreposage et vente du riz, a été inauguré après huit années de travaux. Ce parc d’une superficie de 20000 hectares exploite aujourd’hui 200000 mu (1 mu = 1/15 d’hectare) de terres et emploie plus de 900 agriculteurs locaux en période de pic. Fort de son succès, il a incité environ 500 familles paysannes locales à rejoindre les équipes de plantation rizicole, une occasion pour elles d’augmenter leurs revenus, jusqu’à 3000 dollars par an pour certaines.

Le projet Wanbao suit un modèle d’exploitation coopérative de type « entreprise + petits agriculteurs ». La société forme un certain nombre d’agriculteurs locaux aux techniques de plantation et de riziculture. La société Wanbao fournit les graines, les machines et les techniques de plantation. Après la moisson, après déduction des intrants (semences, matériel, etc.), il verse un revenu aux agriculteurs, qui n’ont donc plus à se soucier de savoir s’ils parviendront à vendre leurs grains de riz.

Depuis 2012, suivant cette approche, le projet Wanbao a formé 1500 foyers locaux à la culture du riz. Ces paysans qui autrefois comptaient sur la clémence de la météo pour obtenir une bonne récolte, sont à présent devenus des cultivateurs qui mènent des collaborations, maîtrisent les technologies et gagnent bien leur vie. Au cours de la période de plantation 2018-2019, la superficie des parcelles cultivées de la société Wanbao est passée de 32000 à 36000 mu, auxquels s’ajoutent près de 7600 mu exploités par environ 500 familles d’agriculteurs locaux coopérant avec Wanbao. Le rendement moyen étant d’environ 500 kg de riz par mu, plus de 17000 tonnes de riz ont été récoltées sur la saison. À l’occasion de la cérémonie marquant le début de la moisson fin mars2019, le ministre mozambicain de l’Agriculture et le gouverneur de la province de Gaza sont montés, pour la première fois de leur vie, sur une moissonneuse-batteuse.

En outre, toujours dans le cadre du projet Wanbao, des canaux, passages souterrains, stations de pompage et entrepôts ont été construits pour répondre aux besoins de la production agricole. Les ressources destinées à la plantation ont été renouvelées, et les techniques associées ont été améliorées (par exemple : repiquage mécanique, procédé de régénération du riz et trempage des graines pour accélérer la germination). Plus de 20 formations sur les véhicules agricoles ont été dispensées au profit de plus de 150 locaux. Ce projet a favorisé la mise en place d’une vaste coopération dans la riziculture et les technologies connexes, ce qui a permis de hausser la production et le niveau technique dans le secteur.

De nos jours, chaque fois que les gens du coin croisent des Chinois dans la rue non loin du projet Wanbao, ils les saluent en disant en anglais, avec leur fort accent mozambicain, « China, Wanbao! », exprimant de cette façon leur reconnaissance envers cette société chinoise qui a apporté tant de changements dans la région.

Occupant aujourd’hui le poste d’assistant administratif au sein de la société Wanbao, Fruk a pris part au projet en 2007, en tant que conducteur de tracteur. En l’espace de douze ans, il a vu sa ville natale se transformer du tout au tout. Aujourd’hui, ses enfants ont terminé leurs études universitaires: sa fille est devenue enseignante d’anglais et son fils vient de finir son stage dans la rizerie de la société Wanbao. « J’ai énormément appris au fil de ma carrière chez Wanbao: j’ai été formé à la manipulation des machines agricoles, puis à la profession de traducteur et enfin, au métier d’assistant administratif. J’ai grandi avec Wanbao pendant toutes ces années. De même, à mesure que Wanbao se développe, ma famille et moi menons une vie de plus en plus confortable. » Comme Fruk, de nombreux habitants ont bénéficié du projet Wanbao. Par ailleurs, la marque du riz produit localement, « Bom Gosto » (baptisé par l’ancien président du Mozambique, Armando Guebuza), est aujourd’hui connue de tous dans les alentours.

En mars2019, le puissant cyclone tropical Idai a fait rage dans la partie centre-nord du Mozambique, causant de lourdes pertes humaines et d’importants dommages matériels. La société Wanbao a honoré la commande du PAM pour aider à satisfaire les besoins urgents en vivres dans les zones sinistrées. Quant au Fonds de développement sino-africain, qui a investi dans le projet Wanbao, il a fait don de 100 tonnes de riz aux zones touchées du Mozambique, afin de soutenir le travail de reconstruction post-catastrophe.

À l’instar de Wanbao, la Chine a autorisé ces dernières années le Fonds de développement sino-africain et d’autres plates-formes similaires à investir, conjointement avec des entreprises privées chinoises, dans des projets agricoles en Afrique. Fin 2017, 117 projets agricoles divers (plantation, aquaculture, transformation de produits agricoles, etc.), représentant chacun un montant supérieur à 5 millions de yuans, étaient menés dans deux tiers des pays africains. Dans des pays comme la Zambie, la Guinée-Bissau ou Madagascar, les projets chinois de coopération autour de la plantation, la récolte et la sélection du riz ont tiré le développement agricole local vers le haut. Prenons l’exemple de la ferme Zhongken en Zambie. Cette exploitation, édifiée dans les années 1990 sur des terres en friche, sans accès ni à l’eau courante ni à l’électricité, emploie aujourd’hui plus de 4200 locaux et fournit un logement gratuit à plus de 4000 ménages, garantissant les besoins alimentaires et vestimentaires de plus de 15000 personnes dans la région.

Des projets qui deviennent réalité 

En juin2008, le centre de démonstration de riz hybride de Madagascar, construit par l’Académie des sciences agricoles du Hunan, a été inauguré dans le bourg de Majic, à plus de 40 km de la capitale Antananarivo. En novembre de la même année, cinq experts en riz hybride ont été envoyés à Madagascar par l’Académie des sciences agricoles du Hunan.

Notons que Madagascar cultive du riz depuis les temps anciens. Cependant, en raison de son manque de terres arables et du faible rendement, le pays est contraint d’importer en complément 200000 tonnes de riz chaque année.

Hu Yuefang, l’un des experts dépêchés par l’Académie des sciences agricoles du Hunan, est arrivé à Madagascar il y a 10 ans. Au cours de cette décennie, il a parcouru presque toutes les rizières de Madagascar afin de produire des semences à haut rendement pouvant résister au climat particulier de Madagascar. Sous la direction de l’académicien Yuan Longping (surnommé le « père du riz hybride »), Hu Yuefang a dirigé l’équipe en charge de cultiver trois semences de riz hybride hautement productives, adaptées au climat et au sol du lieu. L’équipe a parachevé les tests d’échantillonnage en juin de cette année. Le rendement par hectare de ces nouvelles variétés atteint 10,8 tonnes, bien plus que le rendement des variétés locales, d’environ 3 tonnes par hectare. Un progrès d’une importance capitale pour la production céréalière et l’autosuffisance alimentaire de Madagascar.

Une vingtaine de spécialistes chinois en technologies agricoles sont venus au centre de démonstration de riz hybride à Madagascar depuis la création de ce dernier, afin de promouvoir les technologies utiles pour la plantation du riz hybride. Grâce à leur intervention, le riz hybride est désormais cultivé sur 40000 hectares, donnant lieu à une récolte accrue de plus de 120000 tonnes.

Outre Madagascar, la Chine a co-construit des centres de démonstration de technologies agricoles dans d’autres pays africains comme la Guinée-Bissau, le Bénin, le Mozambique, le Soudan, le Libéria et le Rwanda. Ce faisant, d’une part, elle a introduit des technologies agricoles avancées dans les régions concernées pour que les locaux ne souffrent plus de la faim; d’autre part, elle a formé un grand nombre d’agriculteurs aux technologies du secteur.

En septembre2018, lors de la cérémonie d’ouverture du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine, le président chinois Xi Jinping a annoncé que, dès à présent et au cours des trois prochaines années, l’accent sera mis sur la mise en œuvre des « huit initiatives majeures » définies pour la coopération Chine-Afrique, à savoir la promotion du secteur industriel, la connectivité des infrastructures, la facilitation du commerce, le développement vert, le renforcement des capacités, la santé, les échanges interpersonnels ainsi que la paix et la sécurité. Il a ajouté: « La Chine accompagnera l’Afrique dans ses efforts visant à réaliser pour l’essentiel la sécurité alimentaire d’ici 2030, élaborera et mettra en œuvre avec l’Afrique un programme d’action pour la coopération dans la modernisation agricole, mettra en œuvre 50 projets d’assistance agricole, fournira des aides humanitaires alimentaires d’urgence d’un milliard de yuans aux pays africains sinistrés, enverra 500 agronomes de haut niveau en Afrique, et formera pour l’Afrique des jeunes chercheurs agronomes éminents et des entrepreneurs agricoles pionniers. »

Selon les statistiques, la Chine a signé des mémorandums d’accord ou protocoles de coopération dans le domaine de l’agriculture avec près de 20 pays d’Afrique; elle a bâti des centres de démonstration de technologies agricoles dans une vingtaine de pays sur ce continent; elle a envoyé presque 100 groupes d’experts dans près de 40 pays africains; elle a mis à l’essai plus de 300 variétés de cultures sur le continent africain; elle y a enseigné le fonctionnement de plus de 500 technologies. La Chine travaille main dans la main avec un grand nombre de pays en développement, y compris des pays africains, pour relever les défis alimentaires mondiaux et atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement fixés par les Nations Unies.

您可能还会对下面的文章感兴趣: